La présence de cette villa de Musuleu n’est sûrement pas un cas unique. Il est fort probable que plusieurs implantations de ce type existent sur la commune de Penta comme dans l’ensemble de la plaine de la Casinca qui, durant l’Antiquité et le début du Moyen Âge, constitue une partie du territoire de la ville de Mariana située plus au nord près de l’embouchure du Golu.
A côté des villae et des bourgades devraient également se trouver les restes de la voie romaine qui reliait Mariana à Aleria. D’ailleurs, parmi les vestiges antiques repérés près de Folelli, certains ont été identifiés comme étant ceux d’un pont romain ayant servi à franchir le Fium’Altu.
Après la chute de Rome – et malgré les invasions successives des Vandales ou des Lombards, ou encore les effets de la reconquête byzantine à partir du début du VIe siècle – la vie « à la romaine » semble se maintenir en Casinca comme en témoignent à nouveau les résultats des fouilles menées plus récemment sur ce même site de Musuleu. Cette fois, les sondages effectués par les archéologues ont montré une occupation s’étalant du Ier au VIe siècle de notre ère. La documentation médiévale évoque même un certain Jean fils de feu Basile de « Musileo Cansinche » ce qui sous-entend la présence d’un habitat qui perdure, malgré tout, bien au-delà de la fin de l’Antiquité.
Mais à partir des incursions sarrasines, peut-être dès le VIIIe siècle, les populations paraissent abandonner définitivement les sites côtiers permanents et se retirent peu à peu sur les premières collines. C’est ce que semble suggérer l’emplacement de la chapelle préromane de S. Andria, dont le premier état pourrait remonter aux environs du VIIIe siècle selon Geneviève Moracchini-Mazel. Le lieu-dit S. Petru, qui désigne une petite colline à l’entrée de l’agglomération de Folelli, conserve peut-être lui aussi le souvenir d’une première position de repli depuis les implantations littorales. Il est difficile d’en dire plus car, à Penta comme dans l’ensemble de l’île, cette période, que les spécialistes appellent le Haut Moyen Âge, demeure, malgré les premières découvertes archéologiques, encore pratiquement inconnue.
Ce que l’on sait en revanche c’est qu’au cours du Moyen Âge les premiers châteaux apparaissent et que les populations se regroupent, sous l’impulsion des petits seigneurs locaux, au pied des donjons féodaux donnant ainsi naissance aux villages actuels. Penta, probablement fondé entre le XIe et le XIIIe siècle, fait partie de ces habitats d’origine seigneuriale.
Outre le château des « gentilshommes » de Penta, qui n’a pas laissé de vestiges visibles à la différence par exemple de la tour seigneuriale qui occupe encore le cœur du village de Castellare, les ruines très dégradées de trois de ces châteaux médiévaux sont toujours visibles dans les environs de Penta.