Église paroissiale S. Michele
Le chantier de construction de l'actuelle église paroissiale S. Michele, édifiée en remplacement de la chapelle romane (également dédiée à S. Michele et située dans le cimetière, voir ci-dessous) devenue incommode car trop éloignée du village, est en cours en 1646, comme le mentionne Mgr Marliani, évêque de Mariana et d’Accia, dans son rapport de visite pastorale. Un autre chantier se déroule en 1740, comme le note à son tour Mgr Saluzzo dans sa relation de visite, pour s'achever au milieu du XVIIIe siècle. L'église, consacrée en 1760 par Mgr Crescenzio de Angelis, visiteur apostolique, est en mauvais état dans la première moitié du XIXe siècle. Elle sera restaurée au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et le sera à nouveau au cours du quatrième quart du XXe siècle. Le campanile, qui flanque le chœur de l’église, est achevé en 1695 si l’on en croit la date portée.
Les murs de l’édifice, qui présente un plan allongé formé d’une nef à trois vaisseaux et d’un chœur voûtés en berceau à lunettes, sont réalisés en moellons de schiste. Le bâtiment est couvert par des lauzes, également en schiste, appelées teghje. L’église, propriété publique, est inscrite à l’inventaire de Monuments Historiques depuis le 30 janvier 1990.
Patrimoine mobilier remarquable : la chapelle des âmes du Purgatoire (1) possède un autel à deux colonnes supportant un fronton très simple qui abrite un tableau représentant Saint Michel, dans la partie supérieure droite, et la Vierge, au centre, qui montre le scapulaire qui réduit le séjour des âmes dans le Purgatoire ; la chapelle dédiée à Saint Joseph (2) possède un fronton dans lequel vole la colombe de l’Esprit saint ; la chapelle de l’Immaculée Conception de Marie (3) est plus complexe et accueille une statue de l’Immaculée écrasant un dragon et un croissant de lune ; la chapelle de la remise du Rosaire (5) possède un autel relativement élaboré qui abrite une toile montrant la Vierge et l’Enfant remettant le Rosaire à Saint Dominique agenouillé à gauche . A droite, un second dominicain est à genoux. L’Enfant le regarde mais ne lui remet rien. Il s’agit peut-être d’Alano Dalle Rupe fondateur de la dévotion au Rosaire au XVe siècle ; la chapelle dédiée à Saint Antoine de Padoue (6) avec un tableau montrant le saint en compagnie d’un ange qui se trouve à ses pieds et qui tient le livre et le lys ; la chapelle Saint Jacques le Majeur (7) avec une toile le montrant émergeant d’un groupe avec les attributs qui le caractérisent : le bourdon de pèlerin et la coquille sur son épaule droite (cette chapelle a peut-être été réalisée en souvenir de la chapelle romane de S. Ghjapicu) ; derrière le maître-autel (4), un grand tableau figure Saint Michel avec le glaive dans la main droite et la balance du peseur des âmes dans la main gauche, terrassant le démon. Saint Pierre est à droite et Marie donne le sein à l’Enfant ; tableau de Saint Roch ; tableau commémoratif de la consécration de l’église paroissiale ; tableau représentant la mort de Saint Joseph.
Notice rédigée par Stéphane ORSINI à partir des données recueillies dans la base Architecture – Mérimée (fiches établies par Hélène BILLAT et Pierre-Jean CAMPOCASSO) et dans l’ouvrage Les églises baroques de Corse de Nicolas MATTEI.
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