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    Henri Tomasi
    Compositeur dont les cendres ont été ramenées à Penta di Casinca en 2001.
    -
    Texte & photo : Site officiel - En soir plus cliquez sur ce lien

    1901 - 17 août, naissance à Marseille dans le quartier populaire de " La Belle de Mai ". Henri est le premier enfant de Xavier Tomasi et de Joséphine Vincensini, tous deux corses originaires de la Casinca.

    1905 - Installation à Mazargues où le père d'Henri est nommé facteur des Postes. Flûtiste amateur, il "met son fils au solfège" dès l'âge de 5 ans.

    1909 - Entrée au Conservatoire de Musique de Marseille. Premier Prix de solfège à 10 ans et Premier Prix de Piano à 13, l'enfant est emmené par son père dans des familles de la grande bourgeoisie où, présenté comme un petit prodige, il ressent "l'humiliation d'être exhibé comme un animal savant".

    1913 - La famille regagne Marseille et s'installe définitivement au 5 de la rue de la Loubière, à côté de l'Eglise Notre-Dame du Mont. - Empêché par son père de devenir marin, l'adolescent rejoint la mer chaque fois qu'il le peut, sèchant les cours du Conservatoire pour aller nager sur La Corniche et à La Pointe Rouge. Tous les étés il retourne en Corse où sa grand-mère lui apprend les chants traditionnels.

    1916 - Premier prix d'Harmonie, en même temps que Zino Francescatti avec qui il devient ami. - La guerre différant son entrée au Conservatoire de Paris, il commence à gagner sa vie à Marseille comme pianiste dans les lieux les plus mélangés : des établissements célèbres et chics comme le restaurant "La Réserve", des Maisons closes, "Chez Aline", et les premiers cinémas, "Le Saint-Ferréol" etc. Ses improvisations révèlent ses dons pour la composition.

    1921 - Arrivée à Paris. Entrée en Classe d'Harmonie au Conservatoire National de Musique rue de Madrid. Brillantes études : " Il arrivait avec une fugue hebdomadaire. C'était un travailleur infatigable, un bourreau de travail ! ", dira son ami Maurice Franck. - Pourtant, le jeune étudiant, bien que boursier de la ville de Marseille et aidé par un bienfaiteur, l'avocat Maître Lévy-Oulman, était contraint de continuer à " faire du métier ", c'est-à-dire jouer du piano dans les cafés et les cinémas. Ses professeurs ont été Charles Silver pour l'Harmonie, Georges Caussade pour le Contrepoint et la Fugue, Paul Vidal pour la Composition, Vincent d'Indy et Philippe Gaubert pour la Direction d'Orchestre.

    1925 - Sa première oeuvre, Variations sur un thème corse, un quintette à vent, reçoit le Prix Halphen.

    1927 - Rencontre d'Odette Camp à l'Opéra-Comique, une jeune étudiante aux Beaux-Arts qui deviendra elle-même une dessinatrice de grand talent. C'est cette même année qu'Henri Tomasi obtient à la fois un Premier Second Grand Prix de Rome et un Premier Prix de direction d'orchestre à l'unanimité.

    1928 - Débuts de chef d'orchestre aux " Concerts du Journal ". Ecrit une pièce pour piano et violon, Paghiella, créée par Zino Francescatti.

    1929 - Compose en Corse, à Loretto di Casinca, dans sa région d'origine, le poème symphonique Cyrnos, pour orchestre et piano principal, oeuvre remarquée par Florent Schmitt : " Il y a dans Cyrnos des idées originales, du souffle, un peu de ce lyrisme enfin, désormais si rare chez les jeunes. "
    Le 30 octobre, à Paris, mariage avec Odette Camp, qui deviendra peintre et dessinateur. Le couple s'installe définitivement au 24 de la rue Victor Massé, à Montmartre.

    1931 - Avec la création de " Radio-Colonial " par Julien Maigret lors de l'Exposition Coloniale de 1931 à Paris, Tomasi devient à la fois l'un des tout premiers chefs de radio, et l'un des pionniers de la " musique radiophonique ". Tam-Tam, poème symphonique pour Choeurs, Soli et Orchestre le fait connaître.

    1932 - Participe à la fondation de " Triton " groupe de " Musique contemporaine " aux côtés de Honegger, Milhaud, Poulenc, Prokofieff, etc - Composition d'une nouvelle oeuvre confirmant sa notoriété, Vocero, poème symphonique et chorégraphique d'inspiration corse.

    1935 - Son enregistrement d'Orphée de Glück avec Alice Raveau obtient un Grand Prix du Disque.

    1936 - Activité de chef d'orchestre de plus en plus intense, à Paris comme en province.

    1938 - Compose la Ballade pour saxophone alto, créée par Marcel Mule.

    1939 - Mobilisation le 15 août dans les Chasseurs-Alpins au Fort de Villefranche-sur-mer.

    1940-1943 - Démobilisé, Tomasi reprend son activité de chef à l'Orchestre National (replié à Marseille). Crise existentielle, époque très tourmentée jusqu'à la fin de la Guerre, marquée par un amour impossible et une crise spirituelle. Retraites de plus en plus prolongées au Monastère de la Sainte-Baume (près de Marseille). La Presse s'interroge : " Tomasi va-t-il rentrer dans les Ordres ? "
    Composition des premières grandes oeuvres de la maturité : la Symphonie en ut, de 1941 marque un tournant aussi bien dans sa pensée que dans sa musique qui prend une envergure nouvelle : "Lutte entre les instincts passionnels et les aspirations mystiques - souffrances de l'humanité - affirmation finale de la joie qui demeure " ; Don Juan de Mañara (1944) sur le texte admirable du poète O.V. de L. Milosz, son chef-d'oeuvre pour l'opéra ; le Requiem pour la Paix (1943), dédié " aux martyrs de la Résistance et à tous ceux qui sont morts pour la France ".

    1944 - La naissance d'un fils, Claude Tomasi, symbole d'un renouveau de sa vie conjugale. La fin de la guerre, avec la découverte des camps d'extermination et Hiroshima amènent le compositeur à rejeter croyance en Dieu et religions.

    1946 - L'engagement comme Premier Chef de l'Opéra de Monte-Carlo par Raoul Gainsbourg marque le renouveau d'une brillante activité de direction d'orchestre, en France (Orchestre National, Orchestres radiophoniques, Concerts Pasdeloup, Colonne, Lamoureux, etc) et à travers l'Europe, inaugurée triomphalement en Suisse avec un programme Debussy-Ravel à la tête de l'Orchestre du Concertgebow dont il sera l'invité pendant plusieurs années pour le Holland Festival.

    1947 - 1ère audition à Monte-Carlo de l'une des oeuvres interprétées dans le monde entier, les Fanfares Liturgiques, extraites de l'opéra Don Juan de Mañara. - 1ère Saison au Festival de Vichy où il dirigera jusqu'en 1955.

    1948 - Concerto pour trompette : l'oeuvre la plus populaire d'Henri Tomasi, jouée et enregistrée par les plus grands solisttes, Maurice André, Wynton Marsalis, Eric Aubier, etc.

    1949 - Concerto de Saxophone, créé par Marcel Mule.

    1951 - L'Atlantide, drame lyrique et chorégraphique d'après le roman de Pierre Benoit, livret de Francis Didelot. Carrière exceptionnelle de cet opéra (plus de 80 représentations) dans toute la France, dont 20 au Palais-Garnier à Paris, en Allemagne et en Belgique.

    1952 - Février : un grave accident de voiture interrompt pour plusieurs mois son activité de chef. - Noces de Cendres, ballet contre la guerre - Attribution du Grand Prix de la Musique française décerné par la SACEM.

    1953 - Sampiero Corso, Drame lyrique, livret de Raphaël Cuttoli. Cet opéra crée à Bordeaux en mai 1956 avec Régine Crespin est présenté la même année au Holland Festival. - Première atteinte d'une surdité qui s'aggravera jusqu'à la perte de l'oreille droite. - Lettre pour refuser la Légion d'Honneur " aussi longtemps qu'il n'y aura pas de Conservatoire en Corse ".

    1955 - Triomphe de Jeanne, Oratorio, texte de Philippe Soupault. Crée en 1956 à Rouen pour le 5ème centenaire de la réhabilitation de Jeanne d'Arc avec Rita Gorr et Ernest Blanc.

    1956 - 12 avril : Première mondiale triomphale à Munich de Don Juan de Mañara.

    1957 - Abandon de la carrière de chef d'orchestre autant à cause des épreuves physiques que pour se consacrer totalement à la composition.

    1958 - Avec le grand succès public de L'Atlantide à l'Opéra de Paris, Tomasi devient la cible d'une " avant-garde musicale" alors très intolérante, au moment même où remettant en cause ses conceptions et son langage, il va renouveler avec force sa production.

    1959 - Le Silence de la Mer, drame lyrique en 1 acte d'après le récit de Vercors marque le début de ce renouveau, où c'est l'esprit et l'histoire mêmes du XXème siècle qui vont inspirer des oeuvres puissantes à l'écriture plus contemporaine. Cet opéra de chambre fut enregistré à l'ORTF par Georges Prêtre. Création à l'Opéra de Berlin-Est en 1966.

    1960 - Grand Prix Musical de la Ville de Paris.

    1961 - Ulysse ou le beau périple, " Jeu littéraire et musical " d'après Jean Giono.

    1962 - Le Concerto pour violon ( Le retour d' Ulysse), dédié à Dévy Erlih et crée par lui, " d'un fabuleux expressionnisme épique " écrira le critique Jacques Lonchampt.

    1963 - La chèvre de Monsieur Seguin, conte lyrique d'après A. Daudet, enregistré avec Michel Galabru.

    1965 - Concerto pour flûte (Printemps) : 1ère audition à Marseille en janvier 1966, par Jean-Pierre Rampal et l'Orchestre des Concerts Classiques dirigé par Serge Baudo - L'Eloge de la Folie, d'après Erasme, " Jeu satirique, lyrique et chorégraphique" sur un livret d'Hubert Devillez. Cet ouvrage, le dernier écrit pour le théâtre, est à l'unisson avec le testament que Tomasi rédige dès 1966 : " E finita la commedia ! Enfin la paix sur cette stupide planète ! ".

    1966 - Retour à Tipasa, " Cantate profane pour récitant, choeur d'hommes et orchestre " sur un texte d'Albert Camus. L'oeuvre célèbre, par-delà l'absurde, la communion avec le monde et la solidarité avec les hommes : " O lumière ! Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible ". - Highlands' Ballad ou concerto pour harpe, enregistré en 1985 par Marielle Nordmann et l'Orchestre de Chambre des Solistes de Marseille dirigé par Reynald Giovaninetti.

    1967 - Tomasi inscrit sa révolte contre les injustices sociales et politiques au coeur même de ses oeuvres, notamment dans la Symphonie du Tiers-Monde (en hommage à Hector Berlioz).

    1968 - Concerto de guitare à la mémoire d'un poète assassiné, F.G. Lorca, crée par Alexandre Lagoya

    1969 - Série d'entretiens avec son fils : " Autobiographie au magnétophone ". 1er novembre : frappé par un oedème pulmonaire, Henri Tomasi restera 10 mois en convalescence avant de retourner une dernière fois à Marseille en septembre 1970. " Maintenant, il me faut la Méditerranée, " ma mer ", viva Mare Nostrum ! ".

    1970 - A nouveau " en exil " à Paris, il termine un Concerto pour contrebasse, et relit Hamlet, avec l'intention d'en faire un ouvrage lyrique. Mais il n'aura que le temps d'arranger a cappella douze de ses 18 Chants populaires de l'Ile de Corse.

    1971 - Au matin du 13 janvier, il s'éteint sans souffrance, dans son appartement de Montmartre. Selon sa volonté, il ne fut pas enterré à Paris mais sous le ciel de Méditerranée, en Avignon, " sans fleurs ni couronnes, ni cérémonies civiles ou religieuses " en la seule présence de sa famille et de Jean Molinetti son ami de toujours.
    Ses cendres seront ramenées en Corse en 2001, dans le village de ses origines, à Penta di Casinca, à l'occasion du centenaire de sa naissance.


       


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